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dimanche 29 octobre 2017

Suvarnabhuni, aéroport international de BANGKOK

Aéroport, le retour ...

Je suis là pour la nuit.
Le hall des passagers bardé d'une magnifique verrière ouverte sur les étoiles a été conçu par le cabinet Murphy/Jahn.
Son ampleur attire l'attention de tous les curieux, de jour comme de nuit, proposant un préambule au voyage programmé.

Conception d'Helmut Jahn : structure métallique, parois transparentes ou translucides rendant présents les ciels parfois nuageux tout en préservant des rayons UV, néons de couleur à la faveur de l'obscurité nocturne, l'aéroport international Suvarnabhumi est un lieu qui intègre le voyageur dans une dimension spatiale défiant son quotidien.
Il ne suffit pas de monter sur le mont Everest pour avoir la sensation de "dominer" le monde ... d'en bas. Je m'en sors assez bien d'ici ! De plus, j'ai la double sensation de voyager et de stabilité avec les habitants de CHIANG RAI qui ne pensent qu'à dormir toutes les nuits que nous faisons.
Il va de toi comme de moi : pas d'obstruction d'espace et de temporalité. [ta petite devenue grande par l'opération de son moi le plus ardent, SINOUE l'EGYPTIEN ou BUDDHA le Jeune]
Suvarnabhumi accueille en son sein nombre de scénettes ou d'historiettes, de "retrouvailles" ou de séparations ; les acteurs sont chinois, indiens, singapouriens, européens ..., le mélange est rare mais la diversité notoire. Souvent en groupe, on exprime son quotidien ou simplement sa vie, sans crainte !
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Ici, il est 6h, l'aube pointe ... on se retrouve et on échange ... exercice du matin !
Le TUI SHOU, technique tai chi chuan, traduite par "poussée des mains",
est en réalité une poussée de tout le corps, le contact se faisant au niveau de la paume de la main jusqu'à l'avant-bras.
En chinois - ma langue d'origine -, ce jeu ou plutôt cette gymnastique se pratique à deux, trois voire même cinq parfois. Elle est faite de volutes et de touchers légers. Rien d'agressif, au contraire, que de l'amour exprimé dans l'adhésion du corps et de l'esprit. Chacun est l'autre et en joue ! [AUZU]
Je suis juste devant ton objectif. Tu me vois parader mais en réalité, je suis un grand timide, je n'ose même pas voyager seul. Dans notre culture, cela n'est pas fréquent. 
Toi aussi, tu fus ainsi à ne pas tenter l'aventure. Tu as bien changé aujourd'hui à naviguer si loin de tes entrailles ! [AUZU]
Et moi, je suis presque face à ton appareil photo.
Moi aussi, je suis timide, mais ça m'est passé, justement grâce à cette "gymnastique" que nous effectuons mon ami et moi.
Il était très important pour moi de pouvoir deviner ce que l'autre - en tant qu'adversaire - pouvait projeter.
Ce jeu du corps et de l'esprit ne laisse pas de place aux aventuriers, aux malfrats de tous ordres, à la chance. Il impose une forme de rectitude qui me va bien. [AVRAHAM]
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Moi aussi je pratique la danse du corps et de l'esprit. Comme toi !
Plutôt de l'esprit peut-être, j'y suis plus habile.
Et devant moi, personne. Cette solitude ne me pèse plus, je m'y suis entrainé dès mon plus jeune âge ! A l'école d'abord où les élèves - et parmi eux mes camarades - me reprochaient l'efficacité avec laquelle je résolvais l'équation posée. Au collège ensuite quand il était question de calculer de tête n'importe quelle probabilité etc.
Tu vois, je me débrouille bien, sans toi ! Tu as été mon enseignant dans des matières comme l'algèbre, la trigonométrie, la géométrie dans l'espace ... [SPARTE]
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Oui, je suis là. Je t'attendais. Tu avais une infinité de questions à me poser. Je t'ai répondu du mieux possible. Nous nous connaissons n'est-ce pas ?
Tu me l'as dit dès notre premier regard. Tu ne pouvais détacher ton miroir de moi. Et moi de même. Pourtant nous avons poursuivi la route chacune de notre côté. Moi vers ma nouvelle destinée de femme divorcée, toi vers un ailleurs qui t'est aussi inconnu ...
Les anges sont en nous et nous protègent. Les tiens sont plus nombreux, certes. Les miens sont là, je les sens.
Je suis heureuse de t'avoir croisée sur ma route, je me souviendrai de toi à l'infini. [SAN PEDRO]
- Moi aussi, grande Dame. Je sais que je t'ai aimé (sans "e") et je t'aime encore.
Aujourd'hui, tu es belle !
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Je me cache dans la foule : je ne peux imaginer mon image sur du papier journal ou tout autre média qui colporte des sornettes à tout va. Il en va de toi comme de moi ! Nous ne pourrions vivre ainsi que certains, faisant partie de la sphère "publique". [BUDDHA le Vieux]
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Je suis juste derrière toi en vert sur la photo. Statique, je me confonds dans le "paysage". Je SUIS ce que je suis, c'est-à-dire rien et tout à la fois. Mes pouvoirs sont innombrables tout comme mes apparences chez les hommes. Tantôt Victoire, tantôt génie ou encore vipère des professions médicales etc.
On m'affecte le plus souvent à la surveillance de lieux sacrés. [ANAUEL]
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Oui, là aussi, je suis ! L'insistance dont tu as fait preuve pour tirer mon portrait me fait croire que je suis une personne importante ! Tu n'auras aucun regret si je te fais part de mon sentiment intime : il ne faut pas te dissimuler ainsi, tu as tout à gagner à montrer ton objectif ...
Tu as bien été photographe dans les temps anciens, j'étais ton assistante ... et amie. [BUDDHA le Vieux]
Et dans l'avion, on se retrouve !!! 

Extrait du film "Gandhi"
Ici, je suis - enfin mon sosi - à la recherche d'un moyen pour pacifier nos relations, entre les autorités britanniques et les partisans de l'autonomie. Il m'a été difficile de concevoir une opposition qui accepte la confrontation sans ménagement. Il m'a été aussi difficile de donner de l'espoir alors que des larmes de compassion m'envahissaient. [BUDDHA le Jeune].


dimanche 1 octobre 2017

de Bangkok vers Wat Chaiyasit (Pathum Thani province)


Le bus venant de l'aéroport me dépose.
Chargée de sacs et de valises, je suis les indications parfois contradictoires glanées dans la rue ... au milieu des étals chargés de fruits et légumes.
Ici, je me trouve confrontée à un dilemme : poursuivre vers un ailleurs inconnu ou revenir sur mes pas et retrouver le chemin déjà estompé ... La résultante de tous ces imbroglios fut de continuer d'avancer au risque de me perdre !

Tu vas suivre le boulevard et tourner à la prochaine rue à droite. Tu vas ensuite la suivre jusqu'à une autre grande artère où tu trouveras le bus 555 pour la gare routière de RANGSIT. Après tu trouveras un bus pour PATHUM THANI !
Je te retrouve enfin ! Quand viendras-tu cueillir les roses du printemps ?
Juste devant, tu as une ébauche de ce que je fus ! Mi-camion, mi-auto, une sorte de mixte en quelque sorte. Naguère à cet endroit-là, il y avait une butte. Elle fut rasée et aplanie pour parfaire le réseau routier qui se mettait en place. Le camion qui servi au déplacement de la terre et des gravas de toutes sortes, c'était moi ! [KELPIE]
Je suis à l'envers du décor et pourtant je viens juste d'emménager sur l'autre rive. Tu ne pourras me discerner : je suis trop petit, mais dans quelques années, j'illuminerai la région de l'autre versant à RANGSIT.

A gauche sur ton écran cathodique, tu remarqueras un oiseau des îles. Je suis arrivée un jour de mai. Le printemps sévissait et ne laissait guère le temps de s'apitoyer sur l'état lamentable du sol laissé par la crue. Nous étions alors une bande de joyeux lurons et nous raffolions courir le long du quai, à la recherche de quelques trésors. Engloutis par le "raz de marée" des limons venus du nord, de nombreux objets de toute sorte avaient trouver refuge dans les anfractuosités de la berge. 

Moi, c'est en Occitanie que je t'ai connu. Tu venais à peine d'avoir l'âge de raison et tu courrais éperdument dans la garrigue quand tu m'as vue. Tu t'es arrêtée net et m'a dévisagée. Tu n'en croyais pas tes yeux : un paon perdu dans un désert de broussailles !

J'habite cette demeure depuis plus de quarante ans. J'y ai fait ma vie, comme vous dites !
Pourtant j'ai le souvenir d'années anciennes dans un ailleurs délicieux. Tu étais mienne, j'entends : tu étais ma fille, j'étais ton père. Tu gambadais près de la rivière lorsque tu trébuchas sur un rocher. Il s'en est fallu de peu que tu ne tombasses dans l'eau alors écarlate des limons du Sahel. [Kshatriya]


Eh, qu'avez-vous à me regarder ainsi ? Ne suis-je pas à votre goût ?
Je vous ai rencontrée une nuit de pleine lune alors que vous vagabondiez à la terrasse d'un café dans le port de Hambourg. Vous aviez triste mine : une de vos amours était partie avec un autre. Je me suis assise à votre table et j'ai attendue que vous daignez me parler ... longtemps. 

Nous sommes à l'embranchement de la route menant au wat CHAIYASIT. Le canal BANG LUANG traverse le territoire ouest de la province de PATHOM THANI.











lundi 11 septembre 2017

Suvarnabhumi, aéroport international de Bangkok

Bangkok, terre promise. Je t'aime tant !

Tu ne m'impressionnes guère avec ton appareil photo. Dans mon jeune temps je me suis servi d'un tel objet. Aujourd'hui, je n'en ai plus le "loisir".
Quand j'ai eu 20 ans, j'ai eu le sentiment de saisir l'âme de celui ou celle que je connectais à la boîte noire. Je n'étais pas si loin de la vérité lorsque je visualisais les négatifs.

Ici, se croisent inlassablement Européens, Australiens et Néo-Zélandais, Chinois et Indiens pour la majorité. J'ai rencontré aussi à plusieurs reprises des touristes d'Afrique du Sud et de nombreux hommes d'affaire de Singapour.

Je suis à deux pas de toi dans ton ombre presque. Je suis parvenue jusqu'ici avant la fin de l'été indien de mon pays d'adoption, la Chine. Tout était prêt pour mon voyage sauf moi !
Je refusais absolument de quitter mes amis et l'inverse était vrai aussi. Nous nous sommes promis maintes fois maintes choses jusqu'à mon départ ... irréversible.
Oui, je t'ai bien connu ! Tu avais l'âge de raison et moi 13 de plus. Nous nous étions liées d'amitié au fin fond d'une réserve.
Indiens, nous revendiquions la liberté pour nos aïeux. Qui ne la connaissaient guère, ce depuis leur naissance.
Nous revendiquions aussi de sortir de l'austérité exigée par le plan Marshall et qui nous enserrait dans la pauvreté, nous obligeant à nous défaire du peu de biens que nous avions.
Bref ... Nous avons lutté ensemble. Et il en sera de même dans le futur.

Moi, j'ai le temps. J'aime regarder les gens passer, entendre les rires fuser des enfants ou des femmes, j'aime échanger quelques paroles avec l'inconnu et m'intéresser aux mots d'une vie. De sa vie.


Ngauv Mora est Cambodgien d'origine chinoise. Il parle thaï, chinois anglais, français etc. Poursuivant son périple professionnel d'enseignant, il se passionne pour la culture des champignons. A Bangkok, il vient suivre une formation universitaire sur le sujet. Il enseignera et expérimentera dans son laboratoire de physique appliquée quelques unes de ses nouvelles connaissances de retour au pays.
Un homme vivant !


Je t'ai rencontrée il n'y a pas si longtemps et tu étais nue comme un vermisseau ! Tu avais à peine 3 ans et quelques broutilles.
Moi, je servais dans la maison de ton père. Tu m'as adopté tout de suite !

Je voudrai te dire combien j'ai été charmé qu'une jeune femme s'intéresse à moi et à ma vie.
Hommes, valises, cartons vont et viennent. Quelques chiens ou bébés dans les bras. Les pas sont rapides, souvent inquiets. Pas de temps pour regarder peut-être l'inutile.
Mon père est ici, juste devant toi de dos. Il a beaucoup travaillé pour toi et pour moi d'ailleurs.
 Si tu avais vu ça, un spectacle formidable ! Des spectateurs ici et là et des fou-rires à n'en plus finir.

Une escale, une nuit à passer, plusieurs sièges servent de lit d'appoint. Le bivouac n'est certes pas de grande tenue, pourtant tous s'y prêtent selon l'état de fatigue et les perspectives d'avenir.

Les sièges ne sont presque jamais vacants même si certains préfèrent s'assoirent au sol et attendre, attendre l'heure fatidique de l'enregistrement des bagages.

Nous étions réunis un jour de pleine lune et nous hurlions à qui voulait nous entendre. Nous hurlions la honte d'être des hommes imparfaits et réclamions alors le statut de "sous-homme".
Nous nous sommes assagis avec les années de guerre que nous avons vécu ici ou sous d'autres tropiques. 
 

BAHRAIN MODA MALL (8)

C’est au sous-sol du Sheraton que je pousse les portes de verre ouvrant sur le temple du luxe bahrainien : le MODA MALL. ...