lundi 11 septembre 2017

Suvarnabhumi, aéroport international de Bangkok

Bangkok, terre promise. Je t'aime tant !

Tu ne m'impressionnes guère avec ton appareil photo. Dans mon jeune temps je me suis servi d'un tel objet. Aujourd'hui, je n'en ai plus le "loisir".
Quand j'ai eu 20 ans, j'ai eu le sentiment de saisir l'âme de celui ou celle que je connectais à la boîte noire. Je n'étais pas si loin de la vérité lorsque je visualisais les négatifs.

Ici, se croisent inlassablement Européens, Australiens et Néo-Zélandais, Chinois et Indiens pour la majorité. J'ai rencontré aussi à plusieurs reprises des touristes d'Afrique du Sud et de nombreux hommes d'affaire de Singapour.

Je suis à deux pas de toi dans ton ombre presque. Je suis parvenue jusqu'ici avant la fin de l'été indien de mon pays d'adoption, la Chine. Tout était prêt pour mon voyage sauf moi !
Je refusais absolument de quitter mes amis et l'inverse était vrai aussi. Nous nous sommes promis maintes fois maintes choses jusqu'à mon départ ... irréversible.
Oui, je t'ai bien connu ! Tu avais l'âge de raison et moi 13 de plus. Nous nous étions liées d'amitié au fin fond d'une réserve.
Indiens, nous revendiquions la liberté pour nos aïeux. Qui ne la connaissaient guère, ce depuis leur naissance.
Nous revendiquions aussi de sortir de l'austérité exigée par le plan Marshall et qui nous enserrait dans la pauvreté, nous obligeant à nous défaire du peu de biens que nous avions.
Bref ... Nous avons lutté ensemble. Et il en sera de même dans le futur.

Moi, j'ai le temps. J'aime regarder les gens passer, entendre les rires fuser des enfants ou des femmes, j'aime échanger quelques paroles avec l'inconnu et m'intéresser aux mots d'une vie. De sa vie.


Ngauv Mora est Cambodgien d'origine chinoise. Il parle thaï, chinois anglais, français etc. Poursuivant son périple professionnel d'enseignant, il se passionne pour la culture des champignons. A Bangkok, il vient suivre une formation universitaire sur le sujet. Il enseignera et expérimentera dans son laboratoire de physique appliquée quelques unes de ses nouvelles connaissances de retour au pays.
Un homme vivant !


Je t'ai rencontrée il n'y a pas si longtemps et tu étais nue comme un vermisseau ! Tu avais à peine 3 ans et quelques broutilles.
Moi, je servais dans la maison de ton père. Tu m'as adopté tout de suite !

Je voudrai te dire combien j'ai été charmé qu'une jeune femme s'intéresse à moi et à ma vie.
Hommes, valises, cartons vont et viennent. Quelques chiens ou bébés dans les bras. Les pas sont rapides, souvent inquiets. Pas de temps pour regarder peut-être l'inutile.
Mon père est ici, juste devant toi de dos. Il a beaucoup travaillé pour toi et pour moi d'ailleurs.
 Si tu avais vu ça, un spectacle formidable ! Des spectateurs ici et là et des fou-rires à n'en plus finir.

Une escale, une nuit à passer, plusieurs sièges servent de lit d'appoint. Le bivouac n'est certes pas de grande tenue, pourtant tous s'y prêtent selon l'état de fatigue et les perspectives d'avenir.

Les sièges ne sont presque jamais vacants même si certains préfèrent s'assoirent au sol et attendre, attendre l'heure fatidique de l'enregistrement des bagages.

Nous étions réunis un jour de pleine lune et nous hurlions à qui voulait nous entendre. Nous hurlions la honte d'être des hommes imparfaits et réclamions alors le statut de "sous-homme".
Nous nous sommes assagis avec les années de guerre que nous avons vécu ici ou sous d'autres tropiques. 
 

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